Valais — accès à la formation linguistique
Que se passe-t-il quand le soutien linguistique s’arrête avant l’intégration professionnelle ?
Depuis cette année, dans le canton du Valais, une pratique est appliquée : les Ukrainiens dont le niveau de français oral a atteint A2 perdent l’accès à la formation linguistique gratuite, même si leur niveau écrit reste à A1.
Cette situation touche particulièrement les professionnels qualifiés : ceux qui, pour leur intégration professionnelle — reconnaissance des diplômes, emploi dans leur domaine, suivi de cours spécialisés ou passage d’examens — ont besoin de la langue non seulement à l’oral, mais aussi à l’écrit, à un niveau B1 ou supérieur. C’est précisément cette catégorie qui risque de se retrouver sans accès à la formation au moment où celle-ci est la plus nécessaire pour une intégration professionnelle réelle en Suisse.
Dans aucun des cas que nous connaissons, les travailleurs sociaux n’ont pu fournir un lien précis ou une justification écrite pour cette pratique. Le critère d’exclusion basé sur l’oral A2 semble exister comme une norme administrative interne, sans document transparent et vérifiable.
Ce que nous faisons
Pour combler cette lacune, nous avons lancé des tuteurs conversationnels IA gratuits pour pratiquer le français — accessibles à tout moment, sans inscription, sans attente et sans limite de séances. L’outil s’adapte au niveau de l’utilisateur pendant la conversation, aide à maintenir et à développer l’expression orale, et corrige doucement les erreurs, permettant ainsi aux personnes de continuer à progresser de manière autonome là où le système officiel de formation s’arrête.
Ce n’est pas un substitut à un apprentissage structuré de la langue — notamment à l’écrit —, mais un moyen d’empêcher la pratique orale de stagner pendant que les personnes cherchent d’autres voies pour améliorer leur niveau.
Nous espérons que cette mesure est temporaire
Nous comprenons que les ressources pour l’apprentissage des langues sont limitées et nous ne remettons pas en cause la nécessité de prioriser. Mais nous tenons à souligner que cette restriction touche aussi des professionnels qualifiés dont l’intégration professionnelle dépend directement de leur niveau de français. Chaque personne laissée sans soutien pendant cette période représente une contribution reportée ou perdue pour le marché local du travail et l’économie du canton.
Nous espérons que cette pratique est une solution temporaire, dictée par la charge actuelle sur le système, et non une politique permanente — et que les institutions responsables de l’intégration y verront non pas simplement un chiffre dans un rapport, mais une perte réelle de professionnels qui pourraient déjà travailler aujourd’hui, payer des impôts et contribuer, s’ils avaient la possibilité d’atteindre le niveau de langue requis.
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